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QU'EN EST-IL ENCORE DE LA SCIENCE CONQUÉRANTE ?

par corbeau, vendredi 28 mai 2021, 14:46 (il y a 1794 jours)

La crise de la reproductibilité
par Alice Girard Bossé 2020

Et si la recherche scientifique était remplie de « Fake News »?

« La plupart des résultats de recherche publiés actuellement sont faux », affirme John Ioannidis, professeur de médecine à l’Université Stanford. C’est le constat préoccupant auquel de nombreux chercheurs sont arrivés au cours de la dernière décennie. En effet, il semblerait que la plupart des chercheurs se livrent régulièrement à des pratiques scientifiques douteuses dans le but de publier leurs résultats dans de prestigieuses revues scientifiques. Ces pratiques, rendant un bon nombre de résultats scientifiques erronés, entraînent de lourdes conséquences pour la population.

Bien des pratiques douteuses

En 2011, dans le but de tester la reproductibilité des études scientifiques, le chercheur américain Brian Nosek de l’Université de Virginie a tenté de répliquer, avec une équipe de chercheurs, les 100 études les mieux connues en psychologie. Le résultat fut déconcertant : les résultats attendus n’ont pu être reproduits que pour 36 d’entre elles.

C’est au cours de l’année suivante que les chercheurs Leslie John, George Loewenstein et Drazen Prelec ont eux aussi obtenu des résultats stupéfiants. Selon leur étude, la majorité des chercheurs en psychologie se seraient livrés à des pratiques scientifiques douteuses au cours de leur carrière et près d’un chercheur sur dix aurait introduit de fausses données dans une de ses recherches. Il va sans dire que ces résultats ont eu l’effet d’une bombe dans la communauté scientifique.

Les différents types de pratiques douteuses en recherche

P-hacking : modifier les paramètres d’analyse jusqu’à l’obtention des résultats attendus.
Harking : choisir ses hypothèses en fonction des résultats obtenus.
Contrôle de qualité sélectif : exclure les sujets qui ne montrent pas l’effet attendu.
Biais de confirmation : sélectionner uniquement les résultats qui confirment nos hypothèses.
Publication sélective : publier seulement si l’étude est concluante.

Le début de la crise

À ce jour, la plupart des scientifiques s’entendent pour dire que ce problème est loin de se limiter qu’à un seul domaine. « Les pratiques douteuses en recherche se produisent dans les sciences sociales, y compris les sciences politiques et économiques et les sciences naturelles et médicales. Elles semblent être un peu différentes dans chaque domaine, mais tous les connaissent », affirme Leif Nelson, professeur à l’école de commerce de l’Université de Californie. Cette difficulté à répliquer les études publiées a fait naitre ce qu’on appelle aujourd’hui la crise de la reproductibilité.

« Ça fait seulement une dizaine d’années que les gens s’intéressent au problème et qu’ils ont cessé de tenir pour acquis que si un article est publié c’est qu’il est bien fait », explique Antonio Zadra, chercheur en psychologie à l’Université de Montréal. « Jusqu’à il y a peut-être deux ou trois ans, plusieurs de mes collègues n’avaient aucune idée de la crise de reproductibilité et je ne serais pas surpris qu’il y en ait encore aujourd’hui qui ne le savent toujours pas », ajoute-t-il.

Des décisions importantes

Grand nombre d’experts déplorent également le manque de transparence en recherche. « Il est ridicule que même en 2020, il soit à peine possible de mettre la main sur les données des tests pharmaceutiques qui sont utilisés pour les décisions importantes concernant les soins de santé » dit Denny Borsboom, professeur de psychologie à l'Université d'Amsterdam.

Plus d’une centaine de millions de dollars sont investis chaque année par le gouvernement fédéral du Canada afin de renforcer l’excellence en recherche. Selon Brian Nosek, « Pour le public, les problèmes de reproductibilité sont importants, car leurs impôts et leurs investissements caritatifs servent à subventionner la recherche pour accroitre nos connaissances, proposer des solutions et recommander des remèdes. Les problèmes de reproductibilité créent une friction dans le rythme de la découverte. Si nous pouvons résoudre ces problèmes, nous serons plus efficients et efficaces et ferons plus de découvertes, plus rapidement avec l'investissement public dans la recherche. »

Pour lire l'article complet:
https://www.dropbox.com/s/cr4nbnk8mi60nzy/La%20crise%20de%20la%20reproductibilit%C3%A9%...

https://nouvelles.umontreal.ca/article/2020/05/06/l-etudiante-alice-girard-bosse-est-la...

;-)

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