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Article Tesla ''New Herald'' (15 octobre 1911)

par ophelyia, lundi 13 septembre 2021, 15:30 (il y a 1697 jours) @ corbeau

Dans les références que corbeau nous a partagé sur Nikola Tesla, on y parle d'un article de journal écrit par Nikola Tesla:

Voici ma traduction en français de l'article de Nikola Tesla dans le journal du New Herald du 15 octobre 1911. J'ai traduit 25 articles de Nikola Tesla pour un futur ouvrage du GARPAN mais j'ai un problème, je ne suis pas bilingue alors ils restent des extraits en rouge dans mes traductions et je ne suis pas capable de terminer mon projet, j'aurais besoin de l'aide de quelqu'un de bilingue, avis aux intéressés sur le forum, mon projet inachevé dort dans mon ordinateur en attente de pouvoir être achevé et publié (je ne te demande pas ça à toi corbeau...). Voici ma traduction inachevée:

Tesla, le nouveau monarque des machines
Par Nikola Tesla
New York Herald, 15 octobre 1911

Imaginons que quelqu’un doive découvrir un nouveau principe mécanique – quelque chose de fondamental comme la découverte par James Watt de la puissance d’expansion de la vapeur – et que, par son utilisation, il devienne possible de construire un moteur qui donnerait dix fois plus de chevaux-vapeur pour chaque livre de poids du moteur, un moteur si simple que le plus novice en mécanique pourrait le construire et si élémentaire qu’il ne pourrait possiblement pas devenir irréparable. Supposons ensuite que ce moteur pourrait être opéré en marche arrière comme en marche avant à volonté, qu’il pourrait être utilisé comme un moteur autant que comme une pompe, qu’il ne coûte presque rien à construire comparé à n’importe quelle autre forme connue de moteur, qu’il utilise un plus large pourcentage de puissance disponible qu’aucune autre machine existante, et que, finalement, il serait opéré avec du gaz, de la vapeur, de l’air ou de l’eau compressé, n’importe lequel de ceux-ci étant utilisable comme source d’énergie.

Cela ne prend pas un expert en mécanique pour imaginer les possibilités illimitées d’un tel moteur. Cela ne prend pas beaucoup d’effort pour brosser le tableau d’un nouveau monde de l’industrie et des transports rendu possible par l’invention d’un tel dispositif. – Révolutionnaire – semble un terme léger à lui appliquer. C’est, cependant, le mot utilisé par l’inventeur pour le décrire – Nikola Tesla, le scientifique dont les découvertes électrique sous-tendent tout le développement de l’énergie électrique moderne, dont les expérimentations et les déductions ont rendu possible le télégraphe sans-fil, et qui, présentement, dans le champ de la mécanique, a obtenu un triomphe allant plus loin que tout ce qu’il avait accompli en électricité.

Il y a quelque chose de romantique dans cette découverte du fameux explorateur des réalités cachées de la connaissance. La poursuite d’un idéal est toujours romantique, et c’était dans la poursuite d’un idéal, qu’il avait cherché pendant vingt ans, que le docteur Tesla avait fait sa grande découverte. Cet idéal est le pouvoir de voler – pour voler avec une assurance et une sécurité absolue – pas seulement de monter dans un avion et de prendre des chances (des risques) par rapport aux conditions météorologique, – les poches d’air, – les tornades, la foudre et les milliers d’autres périls auxquels doivent faire face les aviateurs d’aujourd’hui, mais de voler avec la vitesse et l’assurance d’un boulet de canon, avec la puissance pour surmonter n’importe laquelle des forces aériennes de la nature, pour commencer quand on veut, aller où bon nous semble et descendre où l'on veut. C’était le but dans la vie du docteur Tesla pour au moins un quart de siècle. Il croit qu’avec la découverte du principe de son nouveau moteur il a solutionné ce problème et qu’incidemment il a jeté les bases pour de nouvelles réalisations surprenantes dans d’autres domaines mécaniques.

Il fût un temps où les hommes de science étaient sceptiques – un temps où ils ont ridiculisé l’annonce de découvertes révolutionnaires. Ce fût les jours où Nikola Tesla, le jeune scientifique des Balkans, faisait rire de lui quand il a étalé ses théories sur le monde de l’ingénierie. Les temps ont changé depuis, et l’ingénieur – pratique – n’est pas si incrédule à propos des découvertes – scientifiques --. Le changement est venu quand le jeune Tesla a montré la façon par laquelle l’énergie des chutes Niagara pouvait être utilisée. Le droit de détourner une portion des eaux du Niagara avait été accordé; se pose alors la question de comment utiliser au mieux la formidable puissance maintenant disponible – comment la transmettre en des points où elle pourrait être commercialement utilisable. Une commission internationale s’est tenue à Londres et a entendu et reçu les théories et les plans pratiques pour des mois.

Jusqu’à ce moment-là, le seul moyen pour utiliser l’énergie électrique était le moteur à courant direct, et les dynamos à courant direct assez grosses pour être d’une utilité pratique dans un tel développement gigantesque de puissance n’étaient pas faisables.

Puis vint l’annonce de la découverte par le jeune Tesla du principe du moteur à courant alternatif. Des tests pratiques ont démontré qu’il pouvait être construit – que cela fonctionnerait.

Cette découverte, à ce moment opportun, a décidé la Commission. L’électricité a été déterminée comme moyen de transmission de l’énergie de Niagara à l’industrie et au commerce. Aujourd’hui, un million de chevaux-vapeur est développé sur le bord de la grande cataracte, tournant les roues de Buffalo, Rochester, Syracuse et des villes intermédiaires et villages opérant à portée de main de grandes et nouvelles industries électrochimiques que l’existence de cette immense source d’énergie a rendu possible, pendant que tout autour du monde des milliers de cascades d’eau travaillent au service de l’humanité, envoyant la puissance de leur – charbon blanc – dans les coins éloignés et presque inaccessibles du globe, tout cela à cause de le première grande époque de découvertes de Nikola Tesla.

Aujourd’hui, le monde de l’ingénierie écoute respectueusement quand le docteur Tesla parle. La première annonce de la découverte de ce nouveau principe mécanique a été faite dans un périodique technique à la mi-septembre, 1911. Immédiatement, c’est devenu le principal sujet de discussion partout où se réunissaient les ingénieurs.

-- C’est la plus grande invention en un siècle, -- a écrit un des plus éminents ingénieurs américains, un homme dont le nom se trouve près du haut de la liste de ceux qui ont atteint la gloire et la grandeur scientifique.

-- Aucune invention d’une telle importance dans le commerce automobile n’a encore été faite, -- a déclaré l’éditeur de l’une des principales publications en ingénierie. Des experts, dans d’autres firmes d’ingénierie, ont fait remarquer d’autres applications du nouveau principe et des lettres, demandant de plus amples informations, ont affluées sur le bureau du docteur Tesla provenant des quatre coins du globe.

-- Oh, J’ai eu un peu trop de publicité, -- dit-il, quand je lui ai téléphoné pour lui demander pour une entrevue dans le but d’expliquer sa nouvelle découverte au public non-technique. Il a fallu une bonne dose de persuasion avant qu’il ne fixe, à contrecœur, une heure à laquelle il pourrait me voir, et un peu plus après cela il a parlé plus librement. Quand il a parlé, cependant, il a ouvert des perspectives d’applications possibles du nouveau moteur qui avaient frappé l’imagination de l’intervieweur.

Regardant au-dessus de la ville à partir de la fenêtre de son bureau, au vingtième étage de la Metropolitan Tower, son visage s’est illuminé alors qu’il me parlait de sa vie rêvée et de l’approche de sa réalisation, et l’auditeur, par son imaginaire, arrivait presque à voir l’air rempli d’étranges vaisseaux volants, pendant que d’énormes bateaux-à-vapeur propulsés à des vitesses jamais entendues labouraient les eaux de la rivière du Nord, que des automobiles escaladaient la face même des Palissades, que des locomotives d’incroyable puissance emmenaient des palaces sur roues de nombreux miles par minute et que tous les inconforts de la chaleur d’été s’évanouissaient alors que les merveilleuses centrales réfrigérantes réduisaient la température de la ville entière à un maximum confortable – ceux-ci étant seulement quelques-unes des suggestions des possibilités sans-limite des dernières découvertes de Tesla.

-- Alors c’est tout ce qui est de votre nouvelle invention? – Demandai-je.

-- J’ai accompli ce qui a été rêvé par les ingénieurs mécaniques depuis l’invention de l’énergie-vapeur, -- a répliqué le docteur Tesla. -- C’est le moteur rotatif parfait. Il est arrivé que j’ai aussi produit un moteur qui donnera au moins vingt-cinq fois plus de puissance à une livre de poids que le moteur le plus léger de toute sorte ayant été produit.

-- En faisant cela, j’ai fait usage de deux propriété qui ont toujours été connues d’être possédé par tous les fluides, mais qui n’ont pas jusqu’ici été utilisées. Ces propriétés sont l’adhésion et la viscosité.

-- Mettez une goutte d’eau sur une plaque en métal. La goutte va rouler, mais une certaine quantité d’eau va demeurer sur la plaque jusqu’à ce qu’elle s’évapore ou qu’elle soit retirée par quelques moyens d’absorption. Le métal n’absorbe aucune eau, mais l’eau adhère sur lui.

-- La goutte d’eau peut changer de forme, mais jusqu’à ce que ses particules soient séparées par quelque puissance externe, elle demeure intacte. Cette tendance de tous les fluides à résister à la séparation moléculaire est la viscosité. C’est particulièrement notable dans les pétroles plus lourds.

Ce sont ces propriétés d’adhésion et de viscosité qui causent la – friction de peau – qui nuisent à un navire dans sa progression à travers l’eau ou à un avion qui vole dans les airs. Tous les fluides ont ces qualités – et vous devez garder à l’esprit que l’air est un fluide, tous les gaz sont des fluides, la vapeur est fluide. Tous les moyens connus de transmission ou de développement de puissance mécanique se font au travers d’un médium fluide.

-- Maintenant, supposons que nous faisons cette plaque de métal, dont je vous ai parlé, de forme circulaire et que nous la montons en son centre sur un arbre de façon à ce qu’elle puisse être tournée. Appliquons une puissance pour faire tourner l’arbre et qu’est-ce qui arrive? Pourquoi, quel que soit le fluide, le disque arrive à être tourné et en est agité et traîné dans le sens de rotation, parce que le fluide tend à adhérer sur le disque et la viscosité provoque le mouvement donné aux particules adhérentes du fluide qui sera transmis à la masse entière. Ici, il est mieux de vous montrer plutôt que de vous le dire. –

Le docteur Tesla a ouvert la voie pour aller dans une pièce voisine. Sur un bureau, il y avait un petit moteur électrique et, montés sur l’arbre étaient une demi-douzaine de disque plats, séparés l’un de l’autre par peut-être un seizième de pouce, chaque disque étant moins que cela en épaisseur. Il a tourné un interrupteur et le moteur a commencé à bourdonner. Une vague d’air frais a été immédiatement ressentie.

-- Ici, nous avons un disque ou plutôt une série de disques tournant dans un fluide – l’air, -- a dit l’inventeur. – Vous n’avez besoin d’aucune preuve pour vous dire que l’air est agité et propulsé violemment. Si vous maintenez votre main au-dessus du centre de ces disques, vous voyez les centres ont été arrachés, vous sentirez la succion alors que l’air est aspiré pour être expulsé à la périphérie des disques.

-- Maintenant, supposons que ces disques tournants sont enfermés dans un boîtier étanche à l’air, si bien construit que l’air ne pourrait y entrer qu’à un seul point et être expulsé seulement à un autre – qu’est-ce que nous avons?

-- Vous auriez une pompe à air, j’ai suggéré.

-- Exactement, une pompe à air ou un ventilateur, a dit le docteur Tesla.

-- Il y en a un maintenant en opération livrant dix mille pieds cube d’air par minute. Maintenant, venez ici. –

Il a franchi la salle et s’est rendu dans une autre pièce où trois ou quatre dessinateurs étaient au travail et divers artifices mécaniques et électriques étaient dispersés. D’un côté de la chambre était, ce qui apparaissait être un réservoir en zinc ou en aluminium, divisé en deux sections, une au-dessus de l’autre, tandis qu’un tuyau qui longeait le mur au-dessus de la division supérieure du réservoir était connecté avec un petit boîtier d’aluminium d’à peu près la grosseur et la forme d’un petit réveille-matin. Un minuscule moteur électrique était fixé à un arbre qui faisait saillie d’un côté du boîtier d’aluminium. La division inférieure du réservoir était remplie d’eau.

-- À l’intérieur de ce boîtier d’aluminium il y a plusieurs disques montés sur un arbre et immergés dans un fluide, de l’eau, a dit le docteur Tesla. – De ce réservoir inférieur, l’eau a un accès-libre au boîtier enfermant les disques. Ce tuyau mène de la périphérie du boîtier. Je mets le courant, le moteur tourne les disques et quand j’ouvre cette valve l’eau coule dans le tuyau. –

Il a tourné le robinet et l’eau s’est effectivement déversée. Instantanément, un jet qui aurait pu remplir un baril en très peu de minutes a commencé à courir hors du tuyau dans la partie supérieure du réservoir et de là dans le réservoir inférieur.

-- Ceci est seulement un jouet, a dit le docteur Tesla. – Il y a seulement une demi-douzaine de disques, ‘’runners’’ que je les appelle, chacun ayant moins de trois pouces de diamètre, à l’intérieur de ce boîtier. Ils sont comme les disques que vous avez vu sur le premier moteur —aucunes aubes, lames ou accessoires de toute nature. Juste des disques plats parfaitement lisses tournant dans leurs propres plans et pompant l’eau à cause de la viscosité et de l’adhésion du fluide. Une telle pompe maintenant en opération, avec huit disques, dix-huit pouces de diamètre, pompe quatre mille gallons à la minute à une hauteur de trois-cent soixante pieds. –

Nous sommes retournés dans le grand bureau bien éclairé. Je commençais à saisir le nouveau principe Tesla.

-- Supposons maintenant que nous renversons l’opération, a poursuivi l’inventeur. – Vous avez vu les disques agissant comme une pompe. Supposons que nous avons de l’eau, ou de l’air sous pression, ou de la vapeur sous pression, ou un gaz sous pression, et laissons cela s’échapper dans le boîtier dans lequel les disques sont contenus, qu’est-ce qui se passerait?

-- Les disques tourneraient et toute machinerie attachée à l’arbre serait actionnée – vous souhaitez convertir la pompe en un moteur, j’ai suggéré.

-- C’est exactement ce qui se passerait – ce qui arrive, -- a répliqué le docteur Tesla. – C’est un moteur qui fait tout ce que les ingénieurs ont toujours rêvé qu’un moteur fasse, et plus. En bas, à la centrale électrique Waterside de la New York Edison Company, par leur courtoisie, j’ai eu un certain nombre de moteurs en fonctionnement. Dans l’un d’eux les disques sont seulement neuf pouces de diamètre et la partie de travail entière est de deux pouces d’épaisseur. Avec la vapeur comme fluide propulsif, il développe cent-dix chevaux-vapeur et pourrait faire deux fois plus. –

-- Vous avez ce que le professeur Langley essayait de développer pour sa machine volante -- un moteur qui donnera un cheval-vapeur pour une livre de poids, -- j’ai suggéré.

Dix Chevaux-Vapeur à la Livre.

-- J’ai obtenu plus que cela, a répliqué le docteur Tesla. – J’ai un moteur qui donnera dix chevaux-vapeur à la livre de poids. Cela est vingt-cinq fois plus puissant que le moteur le plus léger en utilisation aujourd’hui. Le plus léger moteur au gaz utilisé sur les avions pèse deux livres et demi de chevaux-vapeur. Avec deux livres et demi de poids je peux développer vingt-cinq chevaux-vapeur. –

-- Ce qui veut dire une solution au problème de voler, -- j’ai suggéré.

-- Oui, et bien d’autres, --fût la réponse. – Les applications de ce principe, à la fois pour conférer une puissance aux fluides, comme dans les pompes, et pour dériver de la puissance à partir des fluides, comme dans une turbine, sont illimitées. Il n’en coûte presque rien à produire, il n’y a rien qui puisse être hors-service, cela est réversible – simplement en ayant deux entrées pour le gaz ou la vapeur, d’entrer par, un de chaque côté, et le laisser dans un côté ou dans l’autre. Il n’y a pas de lames ou d’aubes qui pourraient être hors-service – la turbine à vapeur est une chose délicate. –

Je me suis souvenu des boisseaux des lames cassées qui ont été recueillis hors des boyaux de la turbine du premier bateau-à-vapeur, équipé d’une turbine, à traverser l’océan, et j’ai réalisé l’importance de cette phase du nouveau moteur.

-- Puis, aussi, -- le docteur Tesla a continué, -- il n’y a pas de réglages délicats à faire. La distance entre les disques n’est pas une question de précision microscopique et un espace libre (minute) entre les disques et le boîtier n’est pas nécessaire. Tout ce que nous avons besoin : quelques disques montés sur un arbre, espacés entre eux d’une petite distance, et emboîtés de manière à ce qu’un fluide puisse entrer en un point et en sortir par un autre. Si le fluide entre dans le centre et va à la périphérie, c’est une pompe. S’il entre à la périphérie et va sortir au centre, c’est un moteur.

-- Par le couplage de ces moteurs en série, on peut faire disparaître les engrenages dans les machines. Les usines peuvent être équipées sans arbre. Le moteur est spécialement adapté aux automobiles, car il fonctionnera autant avec les explosions de gaz qu’avec la vapeur. Le gaz ou la vapeur peut pénétrer à l’intérieur par une douzaine d’entrées tout autour de la jante du boîtier si désiré. Il est possible de le faire fonctionner autant comme un moteur à gaz avec un flot continu de gaz, l’essence et l’air étant mélangés et la combustion continue produisant une expansion et une pression pour opérer le moteur. La puissance d’expansion de la vapeur, ainsi que sa puissance de propulsion, peut être utilisée dans une turbine autant que dans un moteur alternatif. En permettant au fluide de propulsion de se déplacer le long des lignes de moindre résistance, une proportion considérablement plus grande de la puissance disponible est utilisée.

-- Comme compresseur à air c’est hautement efficace. Il y a un gros moteur de ce type maintenant en opération pratique comme compresseur à air et donnant un service remarquable. La réfrigération sur une échelle jusqu’alors jamais atteinte sera pratique, grâce à l’utilisation de ce moteur dans la compression de l’air, la fabrication commerciale de l’air liquide est maintenant entièrement faisable.

-- Avec un moteur d’un millier de chevaux-vapeur, pesant seulement une centaine de livres, imagine les possibilités dans les automobiles, les locomotives et les bateaux-à-vapeur. Dans l’espace maintenant occupé par les moteurs de Lusitania, vingt-cinq fois sa puissance de quatre-vingt milles chevaux pourrait être développée, rendant possible d’avoir une chaudière à la capacité suffisante pour fournir la vapeur nécessaire. –

-- Et cela rend l’avion pratique, -- j’ai suggéré.

-- Pas l’avion, la machine volante, -- a répondu le docteur Tesla. – Maintenant vous avez touché le point dans lequel je suis le plus profondément intéressé – le sujet envers lequel j’ai dévoué mes énergies pour plus de vingt ans – le rêve de ma vie. C’était par la recherche des moyens de faire la machine volante parfaite que j’ai développé ce moteur.

-- Il y a vingt ans, j’ai crû que je serais le premier homme à voler; que j’étais sur la voie d’accomplir ce que personne d’autre n’avait approché de près. Je travaillais entièrement sur l’électricité alors je n’ai pas réalisé que le moteur à essence approchait d’une perfection qui allait rendre l’avion faisable. Il n’y a rien de nouveau à propos de l’avion à part son moteur, vous savez.

-- Ce sur quoi je travaillais il y a vingt ans était la transmission sans-fil de l’énergie électrique. Mon idée était une machine volante propulsée par un moteur électrique, avec de l’alimentation fournie à partir de stations sur la terre. Je n’ai pas accompli cela encore, mais je suis confiant que je le ferai éventuellement.

-- Quand j’ai trouvé que j’avais été devancé dans la machine volante, par des hommes travaillant dans un domaine différent, j’ai commencé à étudier le problème sous d’autres angles, à le considérer comme un problème mécanique plutôt qu’électrique. J’étais certain qu’il devait y avoir des moyens d’obtenir de l’énergie qui était meilleure que n’importe quelle maintenant en utilisation. Et, par l’utilisation vigoureuse de ma matière grise pour un certain nombre d’années, j’ai saisi les possibilités du principe de la viscosité et de l’adhésion des fluides et conçu le mécanisme de mon moteur. Maintenant que j’ai cela, ma prochaine étape sera la machine volante parfaite. –

-- Un avion conduit par votre moteur? – Demandai-je.

-- Pas du tout, -- a dit le docteur Tesla. – L’avion est fatalement défectueux. C’est simplement un jouet – une chose-jouet sportive. Il ne peut jamais devenir commercialement pratique. Il a des défauts mortels. Un est le fait que quand il rencontre un courant d’air descendant il est impuissant. Le – trou dans l’air – duquel les aviateurs parlent est simplement un courant descendant, et, à moins que l’avion ne soit assez haut au-dessus de la terre pour se déplacer latéralement, il ne peut rien faire d’autre que de tomber.

-- Il n’y a aucune façon de détecter ces courants descendants, aucun moyen de les éviter, et donc l’avion doit toujours être soumis au hasard et son opérateur au risque d’un accident mortel. Les sportifs vont toujours prendre des chances (des risques), mais comme proposition d’affaire le risque est trop grand.

-- La machine volante du futur – ma machine volante – sera plus lourde que l’air mais ce ne sera pas un avion. Elle n’aura pas d’ailes. Elle sera substantielle, solide, stable. Vous ne pouvez pas avoir un avion stable. Le gyroscope ne peut jamais être appliqué avec succès à l’avion, car cela donnerait une stabilité qui pourrait résulter en une machine étant déchirée en pièces par le vent, tout comme l’avion sans protection sur le terrain est déchiré par un grand vent.

-- Ma machine volante n’aura ni ailes ni hélices. Vous pourriez l’avoir vu sur le terrain et vous ne devineriez jamais que c’était une machine volante. Pourtant, elle sera capable de se déplacer à volonté dans l’air, dans toutes les directions, avec une parfaite sécurité, à des vitesses supérieures qui n’ont jamais été atteintes, sans égards à la température et oublieux des – trous dans l’air – ou courants descendants. Elle montera dans de tels courants si on le désire. Elle peut demeurer absolument stationnaire dans l’air, même dans un vent, pour une grande période de temps. Sa puissance d’élévation ne dépendra pas de tels dispositifs délicats comme les oiseaux ont à employer, mais d’une action mécanique positive. –

-- Vous obtiendrez la stabilité par gyroscopes? – Demandai-je.

-- Grâce à l’action gyroscopique de mon moteur, assistée de certains dispositifs dont je ne suis pas encore prêt à parler, --répondit-il.

-- De puissants courants d’air qui peuvent être déviés à volonté, si produits par des moteurs et des compresseurs suffisamment légers et puissants, pourraient soulever un corps lourd du sol et le propulser dans l’air, -- ai-je aventuré, me demandant si j’avais saisi le secret de l’inventeur.

Le docteur Tesla sourit d’un sourire indéchiffrable.

-- Tout ce que j’ai à dire sur ce point est que mon dirigeable n’aura ni sac de gaz, ni ailes ni hélices, -- dit-il. – Il est l’enfant de mes rêves, le produit d’années d’intense recherche et de dur labeur. Je ne vais pas en parler davantage. Mais quel que soit mon dirigeable, ici, au moins, est un moteur qui va faire des choses qu’aucun autre moteur n’a jamais fait et qui est quelque chose de tangible. –

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