*
*
*
ANIMA MUNDI
Du fond de la vallée des forges
Monte une clameur irrésistible
M'arrachant au passage la gorge
Et prenant le destin pour cible
Sur un croissant de fontaine bleue
Mes souvenirs trouvent le répit
La nuit chante de tendres aveux
À l'innocence toute de beauté ravie
La forêt touffue ouvre grand les bras
Pour accueillir l'ivresse du pèlerin
Une pluie de perles doucement s'abat
Recueillie par de vivants écrins
Un parfum se blottit tout contre moi
Chassant du regard ma nostalgie
Et faisant de l'homme sans foi ni loi
Le juste artisan du don de la vie
Les brins d'herbe un à un s'illuminent
Et soudainement agités par la brise
Ils entament une valse qui se termine
En une extase à la saveur exquise
La clairière est remplie du vol des fées
Dont le froissement réjouit l'air limpide
Dans leur mouvement je suis entraîné
Jusqu'à un lac aux eaux placides
Sur les vaguelettes coiffées d'argent
J'aperçois la lune qui me sourit
Elle me confie ses rêves d'antan
Et je me laisse bercer par son récit
Une déesse me prend par la main
Et me conduit vers un dôme de cristal
Éclairé par la lumière du petit matin
L'endroit s'imprègne du souffle primordial
Nous attend alors une symphonie
De pierres précieuses multicolores
Une flamme rose aux contours indéfinis
Se fait complice d'un délicieux accord
Corps et âme fusionnent dans une étreinte
Existant hors du temps et de l'espace
La voûte céleste du plus bel or se teinte
Et nous couvre de son éternelle grâce