Le Blogue Je veux Tout vous offre un nouveau billet signé de la plume de Mademoiselle Marie-Ève Lamontagne, Fondatrice de l’Échelle Lamontagne et auteure à être publiée aux Éditions ADA début 2017
Bonne lecture...
http://jeveuxtout.net/souvrir-a-soi/
S’ouvrir à soi, simplement et magnifiquement!
25 novembre 2016 | Je veux aimer, Marie-Eve Lamontagne |
Treize. C’était mon nombre porte-bonheur. C’était le numéro qui m’identifiait au secondaire, dans mon équipe de volleyball. Treize ans. C’est l’âge que j’avais quand mon cœur s’est fermé. J’entends souvent des parents dire : « Les enfants, ça s’adapte à tout ». Oui, j’allais m’adapter au divorce de mes parents, mais sous ma carapace de fille forte, j’allais souffrir toute ma vie.
Mon univers s’était écroulé. Le choc a été tel, que je n’ai pas réagi. La jeune Marie-Eve a continué d’avoir de bonnes notes à l’école, à être gentille, serviable, souriante. À l’intérieur de moi, le mal-être venait d’imploser. Il s’était logé là, bien avant ma naissance, mais ce jour-là, où j’ai su que ma vie ne serait plus jamais la même, où j’ai compris que j’allais perdre tous mes repères et ma sécurité, il était entré en éruption. Mon corps, pour me protéger, avait aussitôt construit une bulle de protection très solide autour de mon cœur. Il l’avait mis dans un coma, qui allait durer des années. C’est parfois ce qui se passe après un accident où on subit de graves dommages physiques. Les médecins nous mettent dans un coma artificiel pour exiger le moins d’efforts possible à notre corps si fort et fragile à la fois. Mon cœur s’était endormi, derrière une forêt de ronces et le baiser d’un prince charmant ne lui serait d’aucun secours.
Depuis ce jour, je n’ai jamais su comment aimer. Certes j’aime ma famille, mes amis, mon fils. J’aime flatter les petits chats perdus qui trouvent refuge sur mon balcon et les chiens heureux qui se promènent avec leur maitre, mais j’aime sans ressentir l’amour. Mon cœur est gelé depuis 25 ans.
En 2002, un petit chevalier à couches a réussi à faire un microscopique trou dans cette épaisse carapace, qui s’était forgée au fil du temps pour me protéger de ma souffrance. Mon fils était né, et en me retrouvant seule avec lui entre les quatre murs de notre maison, j’ai pour la première fois eu l’impression que je pouvais être utile à ce monde. Un petit être humain avait besoin de moi, alors que j’avais toujours cru être une erreur sur cette planète. Qu’est-ce que je pouvais bien apporter à ce monde, moi Marie-Eve Lamontagne? Je n’avais rien de spécial. J’étais ordinaire. Qui pourrait bien m’aimer?
Toutes les relations amoureuses que j’ai eues ont été un échec, car en l’absence totale d’estime de moi, sans amour ni respect pour moi-même, il était impossible que je puisse accueillir l’amour de qui que ce soit. Pourtant, j’avais un tel besoin d’être aimée, rassurée, admirée, et je l’étais. Toutefois, je le rejetais, car ça ne correspondait pas au modèle que j’avais eu. La trahison et l’infidélité paternelle avaient tout brisé en moi.
À partir de ce jour, j’ai toujours inconsciemment voulu aller prouver ma théorie, que l’amour doux et sincère, ça n’existe pas. Je m’intéressais à des hommes qui allaient impérativement me rejeter. Pourtant, le rejet était ma plus grande peur. À agir ainsi, je me rejetais moi-même. Ceux qui ne demandaient qu’à m’aimer, ils me tombaient donc bien sur les nerfs! Je ne pouvais pas aller là où c’était facile et agréable. Tout le schéma sur lequel j’avais bâti ma vie se serait écroulé. J’aurais été obligée de creuser en moi, de descendre dans cette souffrance que je refoulais depuis si longtemps et ça, c’était beaucoup trop effrayant. Il y en avait des monstres dans cette lugubre grotte!
En 2008, un matin, un chevalier vêtu de gris a fait trembler mon cœur au point de faire des failles dans ma bulle de protection. J’aurais pu accepter d’être imparfaite, vulnérable, d’être moi. J’aurais pu accueillir le fait que je trouvais cet homme spécial et qu’il faisait vibrer en moi quelque chose de très fort, mais non. Dans ma forêt de ronces, je me réfugiais. À vouloir ainsi me protéger pour éviter de souffrir, j’ai amèrement souffert pour éviter de m’ouvrir.
Pendant combien de temps pensez-vous?
Je vous garde la réponse pour janvier 2017, quelque part dans les pages d’Amour aller-retour – l’estime de soi est la clé, mon premier livre qui relate entre autres cette histoire.
J’ai fui toute ma vie. L’amour, le bonheur, la liberté. J’ai fui les humains, les hommes en particulier. J’en avais une peur atroce. J’ai 38 ans aujourd’hui, et je fuis encore.
Après plus de 12 ans de cheminement personnel, à creuser en moi pour y trouver le diamant que je suis et que nous avons tous en nous, je suis arrivée au cœur de moi-même. Si Jules Verne a écrit Voyage au centre de la Terre, je pourrais écrire Voyage au centre de moi-même.
J’en suis là, devant cette immense porte dorée d’une magnificence indescriptible. Derrière cette porte se trouve toute ma force, ma splendeur, toute ma pureté. Se trouve là tout ce que j’ai besoin pour créer la vie de mes rêves, à mon image, pour aimer et accepter d’être aimée, par moi-même d’abord. Au-delà de ce qui me limite, se trouve ni plus ni moins que la liberté d’être qui je suis réellement, sans crainte, sans peur, sans doute.
Cette porte, il est impossible de la détruire. Aucune clé ne l’ouvre de l’extérieur. Une formule magique existe, mais pour la connaître, je devais sortir de ma forêt de ronces. Cette formule, je la connais maintenant : » Oui, je le veux « !
Oui, je veux m’engager envers moi-même, de m’aimer comme je suis pour le reste de mes jours.
Je sais que serai confrontée à mes vieilles croyances, perceptions et limitations. Ce monde n’accueillera peut-être pas mon bien-être et ma lumière. Il préférera peut-être me voir souffrante et misérable, car il aura choisi de demeurer fermé à lui-même. Ce monde, peut-être en faites-vous partie.
En ce qui me concerne, je lui dis adieu. Il m’a servi, tout ce temps. Grâce à lui, j’ai survécu à toutes ces fois où j’ai tant souhaité mourir. Aujourd’hui, je lui donne son congé, bien mérité. Je choisis la vie et d’être qui je suis. Simplement et magnifiquement.
Par Marie-Eve Lamontagne
Princesse dans l’âme, émerveillée par la magie et tout ce qui brille, je suis une femme et une petite fille à la fois. Pour moi les crinolines ne sont jamais assez grosses et le « bling bling » jamais assez présent! J’ai toujours eu à coeur le bien-être des autres, m’oubliant trop souvent. Ma quête la plus grande en ce monde? Mon bonheur, celui qui est doux, paisible et qui éblouit. Mon plus grand allié? Ma petite voix intérieure.
Mon instinct très développé a toujours guidé mes pas. Si la vie nous met souvent à l’épreuve, j’ai appris que c’est en apprenant à s’aimer sincèrement et non parfaitement qu’on arrive à guérir ses blessures. Passionnée d’écriture, ma collaboration avec Je veux tout me permet d’exprimer ma vision de la vie et inciter les lecteurs à descendre en eux pour découvrir le petit diamant brut qui s’y trouve et qui ne demande qu’à briller de mille feux.
Fondatrice de l’Échelle Lamontagne et auteure à être publiée aux Éditions ADA début 2017, je suis animée d’un vif désir d’aider tous et chacun dans la quête de leur estime personnelle et de leur bien-être. Si j’ai dû avancer seule une grande partie de ma vie, j’ai par la suite eu la chance de découvrir la force de l’entraide et de l’amitié. Je crois que c’est main dans la main qu’on réussit à gravir l’échelle du mieux-être et à s’épanouir vers une pleine acception de soi, vers le bonheur et l’estime de soi.
]]>