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La religion n'est pas la spiritualité

par panthère58, samedi 21 mai 2022, 17:15 (il y a 45 jours) @ panthère58

:-) Pour faire suite au Complément Surprenant du VOR220514 :

http://www.orandia.com/forum/index.php?id=199609

[image]

Lien : https://studylibfr.com/doc/4202259/communaut%C3%A9-des-druides-du-qu%C3%A9bec

Extrait : Spiritualité druidique contemporaine

Au cours des siècles, nous avons totalement dénaturé le mot « spiritualité ». Les religions monothéistes en particulier se sont servies grassement dans le buffet de la spiritualité.

Soyons clairs sur le sujet : il n’y a pas de spiritualité dans les systèmes religieux. Spiritualité et système sont des antagonismes.

Les religions sont des systèmes. Ces systèmes utilisent des textes que l’on dit inspirés. On y impose des dogmes dont la compréhension défie les bases de la logique et on appelle « spiritualité » la démarche qui tente d’imposer une vision dont les objectifs est de s’assurer la soumission des adeptes et leur adhésion totale. Afin de renforcer la diffusion de cette doctrine, les leaders ont recours à des rituels [la Fête de Noël, par exemple...]. Ici les rites ont pour fonction de percuter l’imagination du fidèle, d’encrer dans l’inconscient, à la manière du chien de Pavlov, le message que ce groupe possède la Vérité et que de s’en éloigner attire sur soi toutes les malédictions divines. Cette portion de l’endoctrinement est efficace à deux périodes : chez l’enfant où l’esprit est incapable de faire la part des choses et remettre en question les concepts qu’on lui impose, et souvent quand l’individu est dans une phase très vulnérable, que tout dérape dans sa vie, victime des aléas du destin, du filet jeté autour de soi.

L’histoire des religions montre clairement que la soumission des peuples et des nations passe par trois étapes : créer un mythe afin de forcer la cohésion de tribus disparates, imposer une fiction sous le couvert d’une révélation, et encadrer les comportements des groupes sociaux par des règles strictes, réductrices et qui exigent un complet abandon et une totale soumission. À cela s’ajoutent les rétributions et les châtiments corporels, pouvant aller jusqu’au meurtre. L’histoire des religions est exemplaire à ce chapitre. Ceci dit, on doit souligner que ces systèmes artificiels ont donné certains grands personnages dans l’histoire. Ce résultat n’est pas dû au système de valeurs et de croyances, mais à une démarche personnelle du personnage. Tous et toutes furent des marginaux dans leur communauté. Certains furent persécutés et mêmes brûlés par leur propre autorités religieuses. Encore aujourd’hui, les prêtres, les imâms ou les rabbins qui dénoncent les abus de leur système religieux sont persécutés et intimidés par l’establishment religieux.

C'est ainsi que le résume le druide breton Alain LeGoff :

« La morale n’est pas une loi naturelle. Elle a été créée par les hommes et pour les hommes. Être en accord avec les lois de la nature n’est pas absolument moral. Le chien est un loup domestiqué. Le porc est un sanglier dégénéré et l’homme urbanisé n’est aussi qu’un être dénaturé ». (Alain Le Goff, Regards, in Ordos, No 2 ‐ août 1994.)

Alors qu’est‐ce la spiritualité ?

La Vie est spiritualité. Le spirituel est l’état originel et primordial de la conscience humaine. On ne pratique pas la spiritualité, on ne développe pas sa spiritualité et on ne devient pas spirituel. La spiritualité, esprit, spiritus, est un état, non une acquisition. La connaissance véritable, la Uidia (même étymologie que le sanskrit Vidya) en druidisme, est au cœur de notre conscience, comme l’électron est au cœur de la matière. Or cette connaissance est ensevelie sous un ramassis de détritus accumulé par notre
éducation académique, sociale et religieuse. Nous vivons dans l’obscurité alors que sur le sol, sous cet amoncellement de faussetés, la lumière brille de tous ses éclats. Ainsi, en plus de la Vie, les druides tenaient la science en haute estime et l'appelaient dans la langue ancienne Uidia (ou Uidiia < Uidtu « science, savoir »).

Avant les années 60, au Québec, la « spiritualité » était associée aux pratiques religieuses de l’époque. Le catholicisme dominait la scène et le clergé était omniprésent.

Puis vint une bourrasque qui balaya le religieux et laissa un vide. Dans les années 70, la nouvelle génération découvrit avec le reste du monde les traditions asiatiques orientales et le mouvement Nouvel‐Âge issu du mouvement holistique des communautés hippies. Il va sans dire que le New Age (ou Nouvel‐Âge) est un courant spirituel strictement occidental des XXe et XXIe siècles qui se caractérise par une approche individuelle et éclectique de la « spiritualité ». Défini par certains sociologues comme un « bricolage » syncrétique de pratiques et de croyances, ce courant sert de catégorie fourre‐tout pour un ensemble hétéroclite d’auteurs indépendants et de mouvements dont la vocation commune est de transformer les individus par l’éveil spirituel et par conséquence, de changer l'humanité. Ceci dit, le mouvement s’est transformé en une sorte de marché aux cristaux, poudres magiques, babioles clinquantes (ou bling bling en américain familier), adoptant des symboles de toutes sortes métissant un paganisme de surface avec le monothéisme décadent ambiant. On remarque alors que ces adeptes pratiquent une démarche naïve et parfumée d’encens. Bref, le druidisme traditionnel se dissocie entièrement de cette démarche syncrétisante.

La spiritualité authentique nous est rappelée par cette phrase : « Nous nous déplaçons dans l’obscurité, une chandelle à la main, alors que le soleil, à nos pieds explose de tous ses feux. »

Tout dans l’Univers est spirituel. De l’Énergie universelle des cordes quantiques, au regroupement de plus en plus complexe des particules, aux formes vivantes, aux systèmes solaires jusqu’aux galaxies, une spiritualité que seule peux ressentir l’humain émane de ce grand Tout. Le tissu cosmique est à la fois matière et Vie, c'est‐à‐dire Vie et Conscience.

Notre conscience, au moment où elle se désintègre des éléments encombrants, libère la place et le spirituel, la lumière de la connaissance intuitive et la prise de conscience de la réalité se manifest[a]nt. Nous réalisons alors notre véritable nature.

Il est dit: « la conscience sommeille dans la pierre, s’active dans la plante, rêve dans l’animal et s’éveille dans l’Humain ».

L’instant de l’éveil nous révèle notre état d’osmose avec l’Univers. La spiritualité nécessite que l’individu livre un combat avec toute son intelligence s’il veut se libérer de sa prison. La première condition est de s’affirmer. L’acte de se soumettre à une divinité est dévitalisant pour la conscience et contraire au principe de liberté absolue, qui seule, nous rend libre de notre propre destinée.

Il est aussi illusoire de parler de spiritualité dans les religions monothéistes que d’étudier le chant des oiseaux sur des modèles empaillés.

Le druidisme du 21e siècle s’est épuré d’une certaine façon. Dans sa forme primitive d’il y a 2000 ans, il ne correspondrait plus aux préoccupations de l’homme moderne. Mis à part qu’il serait une fascinante curiosité archéologique, il serait lourdement hypothéqué par son manque de modernisme. En tant qu’institution, nous avons conservé les éléments intemporels et un héritage culturel du passé. Dans le druidisme moderne, la préoccupation de la relation de l’humain avec son environnement et la Nature redevient un sujet de réflexion et d’hygiène morale. Le druidisme insiste sur la nécessité de rétablir un contact et une harmonie avec les forces de la vie, avec la Nature. Durant l’antiquité, le druide était avant tout un savant, un philosophe, un chercheur de vérité. Aujourd’hui, cette poursuite occupe toute la place. La vérité dans le quotidien est en mouvement perpétuel. Le sage sait qu’il faut toujours tout remettre en question, toujours questionner ses convictions.

La Vérité comme l’Univers est en perpétuel changement. Le monde fixe d’Aristote et des religions est une hérésie. La Sagesse doit être vivante, surtout pas être emprisonnée dans des textes poussiéreux.

Finalement, disons que le druide n’impose rien, ne prétend pas posséder la Vérité, mais il questionne ; il questionne et écoute les réponses dictées par son jugement et de son intuition. Le druidisme [« complotiste »] ne professe pas de dogmes, il ne fait que questionner et rechercher.

Bref, tout se transforme et est en perpétuel mouvement... Rien n'arrive ex nihilo « sorti de rien » !

« Mais les dieux païens, aussi, croyez‐vous qu'on puisse les mépriser ? Le catholicisme en porte l'empreinte, par ses saints, ses chapelles et ses miracles... » (Emile Chartier, dit Alain / 1868‐1951 / Propos sur la religion, Enchanteurs, prodiges, dieux, 5 mai 1921)

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