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LA SPIRITUALITÉ AU QUÉBEC : DIVERSIFIÉE et ÉTENDUE

par corbeau, dimanche 02 août 2020, 07:29 (il y a 2109 jours)

Contrairement à certaines idées reçues ou autres perceptions, la spiritualité se porte bien au Québec. Elle s'observe comme étant très diversifiée et largement répandue.

Il est clair que la désaffection d'un nombre élevé de Québécois envers la religion traditionnelle catholique a pu créer l'impression qu'ils n'étaient plus spirituels.

Détrompez-vous cependant, les Québécois dans leur ensemble présentent une pratique spirituelle riche, diversifiée et étendue.

L'invitation vous est faite de lire le texte suivant pour accéder à cette information somme toute assez surprenante.

Vers une convivialité possible? Les croyants au Québec aujourd’hui
Par : Deirdre Meintel
https://cjf.qc.ca/vivre-ensemble/webzine/article/vers-une-convivialite-possible-les-cro...

En voici un extrait concernant particulièrement les Québécois dits "de souche":

"Religion et spiritualité

Précisons que, le plus souvent, les Québécois « de souche » décrivent leurs fréquentations et pratiques comme « spirituelles » plutôt que « religieuses ». Pour eux, la « religion » concerne les institutions religieuses (le clergé, la hiérarchie). Ils décrivent leurs fréquentations « autres » comme « spiritualité ». À la question d’identifier « leur religion», ils répondront: « Bien, j’étais baptisé catholique ».

Dans la grande majorité des cas, alors que nous constatons des conversions à l’Islam et aux Églises évangéliques, ou bien aux Mormons ou Témoins de Jéhovah, les autres fréquentations concernant des mouvements centrés sur la subjectivité (néochamanisme, spiritualisme, etc.) ou sur l’expérience personnelle du sacré ne comportent pas de discours de conversion. D’un côté, ces courants semblent représenter autre chose que « la religion »; de l’autre, ils ne remettent pas en question l’identité catholique — aussi nominale soit-elle — des individus. Néanmoins, du point de vue de l’anthropologie de la religion, ces « spiritualités » font partie du phénomène religieux.

L’étude dirigée par Raymond Lemieux, Les croyances des Québécois,[4] à partir de 600 personnes de la région de Québec, montrait que les Québécois, en général, croient en Dieu et plus largement à une conscience commune englobant la totalité du monde, à une réalité transcendantale qui dépasse le quotidien et le visible. S’ils ne sont pas toujours très articulés ou précis sur ce en quoi ils croient, ils croient néanmoins en quelque chose qui dépasse le visible. Notre recherche indique que beaucoup sont en fait à la recherche d’« outils de transcendance » : ils recherchent une expérience subjective et vécue d’une réalité qui dépasse le niveau des apparences.

À cet égard, il faut souligner que, dans le langage utilisé, bien des croyants – au sens large – ne se considèrent pas « religieux ». De leur point de vue, les gens « religieux » seraient les catholiques pratiquants, les musulmans dits « traditionnels », les gens d’une pratique religieuse classique. Ce qui nous amène au premier constat basé sur les résultats de la recherche, soit que le religieux des Québécois, toutes origines confondues, est largement invisible malgré les débats soutenus au sujet des signes visibles du religieux, ce qui fait des croyants une sorte de « majorité silencieuse »."

Par ailleurs, le texte dans son entier mérite l'attention.

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Précisions sur la dimension cachée du religieux au Québec

par corbeau, dimanche 02 août 2020, 13:42 (il y a 2109 jours) @ corbeau

Un deuxième extrait du texte Vers une convivialité possible? Les croyants au Québec aujourd’hui
Par : Deirdre Meintel
https://cjf.qc.ca/vivre-ensemble/webzine/article/vers-une-convivialite-possible-les-cro...

"L’invisibilité relative du religieux au Québec

La recherche souligne la grande diversité de ressources religieuses disponibles aux Québécois. La plupart des nouveaux lieux de culte – dont 800 ont été répertoriés à Montréal par Annick Germain[5] et ses collègues en 2003 – accueillent des congrégations évangéliques ou des groupes non chrétiens. Alors que les premières concernent surtout des immigrants d’origine africaine, haïtienne, latino-américaine ou philippine: les seconds incluent des bouddhistes Vietnamiens et Chinois, des musulmans nord-africains, moyen-orientaux et Pakistanais, des hindous de l’Inde et du Sri Lanka, etc. Dans certains secteurs de la ville, on observe une grande densité de lieux de culte. Sur une même rue dans le secteur Côte-des-Neiges, on peut trouver une synagogue ashkénaze hongroise, deux petites mosquées, une pagode, une église adventiste et une église pentecôtiste très proches les unes des autres.

Cependant, un grand nombre de lieux de culte sont peu visibles dans le paysage urbain, parce que les contraintes économiques obligent des groupes à occuper des espaces privés[6] ou loués (des congrégations spiritualistes ou évangéliques immigrantes). D’autres groupes encore se rencontrent discrètement dans des jardins publics, notamment ceux caractérisés par des spiritualités centrées sur la Nature, dont les druides, les wicca et ceux d’inspiration autochtone. En règle générale, les groupes qui louent des espaces pour leurs cultes peinent à en trouver à prix abordable, surtout pour les groupes d’immigrants. Des congrégations de catholiques tamouls, de pentecôtistes congolais et aussi de musulmans nord-africains touchés par notre enquête ont vu leur tentative d’acheter des lieux de culte bloquée par des propriétaires ou des voisins craignant un excès de bruit et de circulation.

À ces difficultés s’ajoute la réticence généralisée des Québécois natifs majoritaires (anglo ou franco) à dévoiler à leur entourage leurs pratiques et fréquentations religieuses. Beaucoup redoutent le ridicule, surtout s’ils sont affiliés à des groupes plus marginaux. D’autres de professions libérales craignent de « scandaliser » leurs clients. En général, nous observons un tabou social à propos des croyances et pratiques religieuses (ou spirituelles). Nous croyons même que cette grande discrétion s’étend aussi à des catholiques pratiquants.

La religiosité des natifs majoritaires demeure donc peu visible, tout comme celle de beaucoup d’immigrants. De plus, des croyants musulmans, catholiques ou autres ne fréquentent aucun groupe. Autrement dit, le bassin de croyants est beaucoup plus grand qu’on ne le pense, si on élargit la définition de « croyants » au-delà de la notion de fréquentation hebdomadaire d’un lieu de culte des grandes traditions religieuses classiques pour y inclure tous ceux qui croient à une forme de transcendance et qui la recherchent à travers la fréquentation de groupes définis comme spirituels, religieux ou de développement personnel.

Qui plus est, la diversité religieuse rencontrée sur le terrain ne correspond pas à l’image habituellement présentée dans les médias où l’attention est typiquement centrée sur certains « signes ostentatoires » de minorités religieuses immigrantes (le voile islamique, le kirpan sikh)[7]. Tout en reconnaissant l’apport des immigrants à la diversité religieuse, il importe de souligner celle qui existe au sein même de la majorité sociale. Dans la recension des 137 groupes religieux effectuée à Sherbrooke par Lorraine Derocher[8], un seul est de composition immigrante tandis qu’une quarantaine sont des catholiques; tous les autres représentent des groupes d’installation relativement récente sur le territoire et sont fréquentés principalement par des gens nés au Québec. Ainsi, la réelle diversité religieuse québécoise semble être autant, voire davantage, le fait des natifs que des immigrants.Par ailleurs, nous constatons plusieurs points de convergence dans les comportements religieux ou spirituels des Québécois, peu importe leur confession, fréquentations ou pratiques religio-spirituelles."

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