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LA BIBLE DÉVOILÉE : Partie 4

par panthère58, jeudi 16 mars 2017, 19:46 (il y a 2145 jours) @ panthère58

:-) LA BIBLE DÉVOILÉE Résumé Partie 4

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© 2001

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© 2002 Éditions Bayard, traduction française

[image]
Format poche chez Gallimard, Collection Folio Histoire N°127
554 pages


Israel Finkelstein : Dirige l’Institut d’archéologie de l’université de Tel-Aviv ; il est coresponsable des fouilles de Megiddo.

Neil Asher Silberman : Est directeur historique au Centre Ename pour la présentation de l’archéologie et de l’héritage public de Belgique.

AUTRES LIENS :

1. Dossier Anton Parks :
http://www.orandia.com/forum/index.php?id=128348

2. Dossier VidéOrandia :
http://www.orandia.com/forum/index.php?id=129655

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INTRODUCTION

J’ai utilisé le format de poche de chez Gallimard, Collection Folio Histoire. Je vais résumer du mieux que je peux les 500 pages et plus, accompagné de :

. Mes commentaires subjectifs, mes spéculations factuelles, fantaisistes [en bleu]
(pour paraphraser Yann Vadnais dans le VOR1601001)
. Des extraits [en or]
. Des ajouts, précisions, références, des ajouts [entre parenthèses] pour contextualiser
. Mon résumé en [vert]
. Saut de texte dans l’extrait […]

Voici la façon de procédé des auteurs d’une façon globale : ils se réfèrent d’abord à la version de la Bible. Puis, ils présentent les diverses théories et explications traditionnellement reconnues des savants et de l’archéologie qui y sont associées, en contextualisant la mentalité qui les accompagne. Ensuite, ils les confrontent à la nouvelle archéologie plus rigoureuse depuis 1970.

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Première Partie
L’HISTORICITÉ DE LA BIBLE

5. Souvenirs d’un âge d’or ?
pp.194-227

En pages194-195 : Innombrables sont les contes et les récits qui chantent le fabuleux David. […] On se souvient également de son fils, Salomon, comme du plus sage des rois et du plus prestigieux des bâtisseurs.

En page 195 : Jusqu’à récemment, nombre de savants estimaient que la monarchie unifiée était la première période biblique que l’on pouvait considérer comme authentiquement historique.

En page 196 : Les fouilles entreprises à Jérusalem n’ont apporté aucune preuve de la grandeur de la cité à l’époque de David et de Salomon. Quant aux édifices monumentaux attribués jadis à Salomon, les rapporter à d’autres rois paraît aujourd’hui beaucoup plus raisonnable. Les implications d’un tel réexamen sont énormes. En effet, s’il n’y a pas eu de patriarches, ni d’Exode, ni de conquête de Canaan – ni de monarchie unifiée et prospère sous David et Salomon – devons-nous en conclure que l’Israël biblique tel que nous le décrivent les cinq livres de Moïse, et les livres de Josué, des Juges et de Samuel, n’a jamais existé ?

En page 197 : Samuel les met en garde contre les dangers de la royauté, dans l’un des passages les plus antimonarchiques de la Bible (1 S 8,10-18) mais Dieu lui ordonne de satisfaire la demande du peuple. Dieu lui révèle également son choix : le premier roi d’Israël sera Saül, fils de Qish, de la tribu de Benjamin. […] Du temps que Saül régnait sur Israël, il ignorait que son successeur avait déjà été choisi. En effet, un beau jour, Dieu avait ordonné à Samuel de se rendre chez Jessé, à Bethléem, en lui disant (1 S 16,1) : « Je me suis choisi un roi parmi ses fils. » Ce sera au plus jeune, un beau pâtre aux cheveux roux nommé David, qu’il incombera d’apporter le salut à Israël.

Vous ne trouvez pas que Jessé, ça sonne comme J.-C. ?

En page 198 : David échappe à la fureur assassine de Saül et devient le chef d’une bande de hors-la-loi et de mercenaires…

Suite à une bataille où ses fils trouvent la mort, Saül met fin à ses jours. Cet épisode ouvre la porte à David pour accéder au trône.

En page 200 : Mais David, même parvenu au faîte de sa gloire, ne connaîtra pas la paix. Des conflits familiaux éclatent – dont une rébellion de son fils, Absalom – qui menacent gravement l’avenir de sa dynastie.

Comme je disais, depuis les débuts de l’association YHWH / Abram, celle-ci est jalonnée de querelles, de conflits familiaux, de situations problématiques, de guerres, d’exil, d’exode, de relations troubles, voire incestueuses. Quel individu sain d’esprit voudrait être associé à une telle divinité ? On se croirait dans la télésérie « Game of Thrones / Le Trône de Fer » ! Ne fait-il pas un beau David ? Surtout qu’il vient du royaume du Nord… Winterfell.

[image]

Les historiens de la Bible, comme Thomas Thompson, Niels Peter Lemche et Philip Davies, qualifiés de minimalistes affirment que David et Salomon et l’entière histoire biblique d’Israël n’ont pas de validité historique.

En page 202 : En outre, en dépit de leurs prétendues richesses et pouvoirs, ni David ni Salomon ne figurent dans aucun texte égyptien ou mésopotamien. Enfin, Jérusalem ne contient pas le moindre vestige archéologique des célèbres constructions de Salomon.

Suite à une inscription « Maison de David » en araméen, trouvée sur le site biblique de Tel Dan en 1993, sur un fragment de monument en basalte, les auteurs valident l’historicité de David et Salomon, mais questionnent leurs exploits et leur grandeur respective.

En page 204 : La question que nous devons nous poser à présent ne concerne donc plus la simple existence de David et de Salomon. Nous devons considérer si les preuves archéologiques confirment la description enthousiasme que nous fait la Bible des splendides victoires militaires de David et des gigantesques constructions entreprises par Salomon.

La réponse des preuves archéologiques s’avère négative.

Pour qu’on inscrive le nom de « Maison de David » suite à une bataille victorieuse, il faut que cette « Maison » ait une envergure pour que cette victoire soit rapportée comme un haut fait d’armes, ce qui n’est pas le cas du fameux David selon l’archéologie. Et cette inscription viendrait d’Hazaël de Damas et l’événement date de 835 av. notre ère. Où trouve-t-on aussi ce terme de « Maison » ? Et David, ne vient-il pas de Bethléem ?

Lien sur la « Maison du Pain » :
http://www.orandia.com/forum/index.php?id=133778


Date de publication : 10/10/2011
Durée : 25:31


À 6 :51 du vidéo : Maison du Pain

La Constellation de la Vierge est également appelée « La Maison du Pain », et sa représentation est une vierge portant une gerbe de blé. Cette Maison du Pain et son symbole de blé représentent août et septembre, la saison de récolte. À son tour, Bethléem, en fait, se traduit littéralement par « maison du pain ». Bethléem fait donc référence à la constellation de la Vierge, un endroit dans le ciel et non sur terre.


[image]
Anton Parks
Ed. Nouvelle Terre, 2009

Extrait pp.242, Bethléem ou la demeure d'Hathor : Cependant, la question se pose : le Christ biblique serait-il né, voici plus de 2000 ans, à Bethléem, près de Jérusalem ? C’est possible ; Jésus le Christ a peut-être vu le jour dans la ville palestinienne de Bethléem. Cependant, il est intéressant de constater que l’assemblage de différentes particules égyptiennes élémentaires peut apporter une toute autre réponse qui est en parfaite concordance avec nos différentes découvertes : Bit ou Bet (qualificatif de Hathor : "merveille", "prodige") ; Râ ou Rê ("soleil", "lumière") ; Hem ("le roi" [Heru], "majesté"). Vous le savez maintenant, le L n’existe pas en ancien égyptien, et il est généralement remplacé phonétiquement par un R, cela nous donnera :

Cartouche / Hiéroglyphe que je ne peux reproduire ici.

Bit-Râ-Hem, ou Bet-Rê-Hem, ou encore Bet-Lê-Hem (Bethléem),
"Hathor, lumière du roi Heru"

Cette découverte capitale nous confirme une fois encore qu’Isis-Hathor symbolisait bien la Grande Pyramide de Gizeh.


Ici, Anton Parks démontre, contrairement au segment du vidéo de Zeitgeist, que Bethléem est bel et bien sur terre, pas seulement au ciel, et qu'en fait, c'est la Grande Pyramide de Gizeh.

Donc, c’est faux de prétendre que la simple existence de David et Salomon ne pose plus de questions. Car on parle ici de la « Maison de David » et non nécessairement de l’individu biblique. Et comme il est démontré que Jérusalem n’était qu’une simple bourgade sans envergure et David, un simple nomade hors-la-loi, comment peut-on parler d’une « Maison » ?

De mon point de vue, les historiens de la Bible, comme Thomas Thompson, Niels Peter Lemche et Philip Davies, qualifiés de minimalistes, ont raison d’affirmer que David et Salomon et l’entière histoire biblique d’Israël n’ont pas de validité historique. Pour moi, ça, oui c’est un montage idéologique, mais basé sur diverses traditions orales relatant un lointain passé, mis au goût du jour pour servir certains intérêts. Il est évident pour moi, que le lien avec l’Égypte prédynastique est omniprésent.

En page 200 : Salomon, à qui Dieu fait don « d’une sagesse et d’un discernement incommensurables »…

Ça renvoie à Enki qui a créé génétiquement Hudili / Zehuti / Thot, qui possède les mêmes attributs et le seconde, le conseille, l’épaule. Eh oui, je me réfère à Anton Parks.

En page 202 : En outre, en dépit de leurs prétendues richesses et pouvoirs, ni David ni Salomon ne figurent dans aucun texte égyptien ou mésopotamien. Enfin, Jérusalem ne contient pas le moindre vestige archéologique des célèbres constructions de Salomon.

En page 204 : De toute évidence, la maison de David était connue dans la région.

Quel fait pourrait avoir inspiré cette conquête de Canaan et une « Maison » prestigieuse ? Horus, qui reconquière les terres d’Égypte volées par Enlil / Seth !

En page 208 : Si l’on se fonde sur l’étude archéologique, jusqu’à l’époque de David et de Salomon, et même au-delà, la population sédentaire de Juda était très minime ; le royaume était isolé, très marginalisé ; la contrée n’avait aucun centre urbain digne de ce nom ; elle manquait de la hiérarchie habituelle : hameaux, villages, villes. L’image que l’on se fait de Jérusalem à l’époque de David, et davantage encore sous le règne de son fils Salomon, relève, depuis des siècles, du mythe et de l’imaginaire romanesque.

En page 209 : La conclusion la plus optimiste que l’on puisse tirer de cette absence d’indices est que la superficie de la Jérusalem du Xe siècle était plutôt réduite, qu’elle devait se limiter aux dimensions habituelles d’un village de montagne typique. Cette modeste évaluation correspond bien à l’habitat très maigre du reste de Juda au cours de la même période.

En page 210 : En fait, il est des plus improbables que cette région de Juda, quasiment dépeuplée, avec une Jérusalem qui n’était encore qu’un village, ait pu devenir le centre d’un vaste empire s’étendant de la mer Rouge, su sud, à la Syrie, au nord.

En page 211 : Nombre de détails de ces histoires appartiennent clairement à la légende, mais les descriptions géographiques, en revanche, ne manquent pas de précision.

La géographie change peu ; mais pour la légende, on peut remonter à la triade Osiris, Isis et Horus.

En page 219 : Pendant plusieurs années, les portes de Salomon ont symbolisé le soutien le plus impressionnant apporté par l’archéologie en faveur de la Bible. Cependant, certains problèmes fondamentaux de logique historique ont fini par saper l’importance qu’on leur prêtait. […] Comme nous l’avons vu, Juda, patrie de David et de Salomon, était passablement sous-développé à l’époque – et on n’y trouve aucune preuve de la prospérité d’un vaste empire. […] Comment les architectes de Salomon auraient-ils pu copier un style architectural qui n’existait pas encore ? […] Nous savons à présent qu’une datation complètement erronée est responsable des prétendues preuves archéologiques de l’extension des conquêtes de David et de la grandeur du royaume de Salomon.

En page 222 : On comprend enfin pourquoi Jérusalem et Juda sont si chiches en découvertes du Xe siècle av. J.-C. La raison en est tout simplement que Juda, à l’époque, était encore une région reculée et sous-développée. Il n’y a pas lieu de douter de l’existence historique de David et de Salomon. En revanche, il y a de fort bonnes raisons de remettre en question l’étendue et la splendeur de leur royaume.

En page 223 : Néanmoins, la fascination éprouvée par les historiens deutéronomistes du VIIe siècle av. J.-C. envers la mémoire de David et de Salomon – et, surtout, la vénération constante que les Judéens ont voué à ces deux héros – reste la meilleure, sinon l’unique trace de l’existence d’une sorte d’État israélite unifié et centralisé.

En pages 223-224 : Le fait que le deutéronomiste utilise la monarchie unifiée comme instrument efficace de propagande politique, prouve qu’à l’époque le souvenir des règnes de David et de Salomon sur une partie non négligeable des hautes terres du centre était encore vivace et largement répandu.

Le souvenir de ces individus, ou le souvenir d’une « Maison » prestigieuse d’Égypte ? La question se pose. Croire aux souvenirs de ces individus, c’est comme croire aux personnages de Saint-Élie-de-Caxton de Fred Pellerin. Parce qu’à cette période, Jérusalem n’était qu’un village tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Si ce n’était de Fred, on ne les connaîtrait point. Ainsi, pour David, Salomon et les écrits bibliques. Donc, l’ère post-factuelle n’est pas une trouvaille contemporaine du XXIe siècle de notre ère.

En page 225 : Durant la monarchie tardive, une théologie complexe fut élaborée, dans le royaume de Juda et à Jérusalem, pour sanctifier la connexion entre l’héritier de David et le destin de tout le peuple d’Israël. […] L’objectif des auteurs est d’exprimer des aspirations théologiques, et non de brosser d’authentiques portraits historiques. […] À l’époque où le récit biblique fut composé pour la première fois, aux yeux du peuple de Juda, un nouveau David venait de monter sur trône, qui était déterminé à restaurer la gloire de ses lointains ancêtres. Il s’agissait de Josias, décrit comme le plus fervent des rois judéens.

En page 226 : Nous venons de le voir, la réalité historique du royaume de David et de Salomon diffère considérablement de l’histoire qui nous est contée.

Deuxième partie
L’ÉMERGENCE ET LA CHUTE DE L’ANCIEN ISRAÊL

6. Un seul État, une seule nation, un seul peuple ?
(env. 930-720 av. J.-C.)
pp.231-259

Selon la Bible :

1. Monarchie unifiée sous David et Salomon. Avec Roboam, fils de Salomon, les dix tribus des hautes terres du Nord et de la Galilée, insatisfaites de sa régence, font sécession d’avec Jérusalem.
2. Deux siècles de luttes fratricides.
3. Anéantissement du royaume du Nord.

La monarchie unifiée sous David et Salomon me fait immanquablement penser à Horus et à la réunification de la Haute et Basse Égypte.

Lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Basse-%C3%89gypte
Extrait : La Basse-Égypte au début de l'histoire du pays forme un royaume indépendant qui attira la convoitise de son voisin du sud, pour la richesse de ses terres et ses débouchés sur la Méditerranée et les contrées voisines.

Sensiblement la même histoire entre le royaume du Nord d’Israël, et le royaume du Sud de Juda. En tout cas, un beau parallèle.

En page 231-232 : Cette vision des événements sert de fondement à la théologie de la Bible – et à l’espérance biblique d’une réunion éventuelle de Juda et d’Israël sous l’autorité centrale de la dynastie davidique.

En page 232 : Comme nous l’avons vu, aucune preuve archéologique ne plaide en faveur de l’existence historique d’une grande monarchie unifiée centrée autour de Jérusalem, gouvernant l’ensemble de la terre d’Israël. […] C’est ici que nous butons sur ce qui est, peut-être la contradiction la plus perturbante entre les découvertes archéologiques et la Bible. S’il n’y a pas eu d’Exode, ni de conquête, ni de monarchie unifiée, que devons-nous penser de l’aspiration biblique à l’unification ? Que signifie cette relation, longue et conflictuelle, entre Juda et Israël, pendant presque deux siècles ? […] La Bible nous dépeint immanquablement les tribus du Nord comme étant composées de ratés pusillanimes désespérément enclins au péché.

En page 235 : Les archéologues et les historiens ont, pour la plupart, pris pour argent comptant le récit biblique, qui décrit l’émergence, puis la désintégration de la monarchie unifiée.

En page 237 : L’exploration archéologique intensive de la région centrale des hautes terres, dans les années 1980, ouvrit de nouvelles perspectives permettant de mieux comprendre le caractère et l’origine des deux États, Juda et Israël. Ces nouvelles perspectives s’éloignent considérablement du récit biblique.

En page 245 : Et il n’existe toujours pas de preuve archéologique – malgré les descriptions bibliques de son exceptionnelle grandeur – que Jérusalem, à l’époque de David, de Salomon et de Roboam, fût rien de plus qu’un modeste village de montagne. […] Pour parler simplement, Juda était encore économiquement marginal et « attardé » tandis qu’Israël prospérait. En fait, Israël s’approchait déjà du stade de formation d’un État pleinement constitué plusieurs décennies avant la fin présumée de la monarchie unifiée, aux alentours de l’an 900 av. J.-C.

En page 246 : Samarie, capitale du royaume du Nord, était déjà un grand centre administratif, doté d’un palais, dès le IXe siècle av. J.-C., alors que Jérusalem ne fut vraiment urbanisée qu’à partir de la fin du VIIIe siècle av. J.-C. […] Pour résumer, on peut affirmer sans risque d’erreur que le royaume nordiste d’Israël a émergé comme un État pleinement constitué dès le début du IXe siècle av. J.-C. – à une époque où la société et l’économie de Juda en étaient encore aux tout premiers pas. […] Bien entendu, ces deux États de l’âge du Fer – Israël et Juda – avaient beaucoup de points communs. L’un et l’autre vénéraient YHWH (entre autres déités). Leurs peuples partageaient nombre de légendes, de héros et de contes, qui célébraient le passé lointain. Leurs langues, ou leurs dialectes hébraïques, étaient proches, et, à dater du VIIIe siècle av. J.-C., ils se servirent du même alphabet.

En page 247 : Pour parler simplement, Israël et Juda ne vivaient pas la même histoire et développaient des cultures matérielles distinctes. D’une certaine manière, Juda faisait figure d’arrière-pays rupestre d’Israël.

En page 250 : Contrairement à ce que conte la Bible à propos du vaste empire de David et de Salomon… le Sud ne possédera pas d’État digne de ce nom avant deux bons siècles.

En page 251 : Pourquoi la Bible nous présente-t-elle une histoire de schisme et de sécession entre Israël et Juda en contradiction aussi flagrante avec les données historiques? […] La réponse se trouve dans quatre prophéties qui furent habilement introduites dans le récit sur l’effondrement de la monarchie unifiée et l’établissement du royaume indépendant d’Israël. Ces oracles – présentés comme une confidence directe de Dieu à certains prophètes – reflètent la tentative opérée par une génération ultérieure de Judéens d’interpréter et d’expliquer les aléas de l’histoire. Le peuple de Juda était persuadé que Dieu avait promis à David que sa dynastie, basée à Jérusalem, allait durer éternellement. Or, pendant des siècles, Juda avait vécu sous la coupe d’Israël, dont les rois faisaient très peu de cas de Jérusalem. […] Le récit biblique en attribue l’entière responsabilité à l’infidélité religieuse d’un souverain de Juda. […] La première prophétie dénonce brutalement les transgressions du fils de David, Salomon, tenu pour responsable de la fracture de l’unité d’Israël.

Dans le fond, sous le règne de Josias, on réécrit l’histoire ou on invente une histoire.

En page 255 : Voilà une prédiction [troisième prophétie] des plus surprenantes, dans la mesure où l’« homme de Dieu » en question révèle le nom du roi de Juda [Josias] qui, trois siècles plus tard, va démolir ce même sanctuaire, tuer ses prêtres et souiller l’autel avec leurs restes humains.

En page 256 : La précision même de la prédiction précédente, énoncée par l’ « homme de Dieu », trahit clairement l’époque à laquelle elle fut composée.

En pages 256-257 [prophétie de Josias] : Le fait demeure indéniable : les deux livres des Rois sont beaucoup plus proches de l’argumentation religieuses exaltée – écrite au VIIe siècle av. J.-C. – que de l’œuvre historique. À l’époque, il ne restait plus qu’un vague souvenir du royaume d’Israël défunt, avec ses cités en ruine et la majorité de ses habitants déportés aux quatre coins de l’Empire assyrien. Quant à Juda, qui prospérait et nourrissait des ambitions territoriales, il se considérait comme l’unique héritier légitime de la totalité des territoires d’Israël.

En page 258 : Mais la faute de Jéroboam 1er se révèle pire encore que celle de Salomon ; le royaume du Nord ne saisit pas la chance historique qui lui était offerte. Le déclin, puis la destruction marque la fin de l’histoire du Nord. Sous Josias, cependant, le moment tant attendu est venu pour Juda d’atteindre à la grandeur. Mais pour que revive l’âge d’or, le nouveau David [Josias] doit racheter les fautes de Salomon et de Jéroboam 1er. Le chemin de la gloire passe nécessairement par l’épuration religieuse d’Israël et par la destruction du sanctuaire de Béthel. C’est à cette condition que se fera la réunification de tout Israël – celle du peuple et celle du territoire – autour du Temple de YHWH et du trône de David, à Jérusalem.

7. Israël, le premier royaume tombé dans l’oubli
(884-842 av. J.-C.)
pp.260-297

En page 260 : Violence, idolâtrie, cupidité caractérisent le portrait peu édifiant du royaume nordiste d’Israël que nous brossent les deux livres des Rois. Après Jéroboam 1er, les méchants de l’histoire seront les souverains de la dynastie d’Omri, ce général israélite qui accéda au trône du Nord. […] Les Omrides comptent parmi les dynasties les plus honnies de l’histoire biblique. Cependant, les évidences archéologiques permettent de considérer leur règne dans une perspective sensiblement différente.

Ça ressemble aux médias d’aujourd’hui qui ont diabolisé la Libye, la Syrie, etc.

En page 261 : Ses caractéristiques, ses ambitions et ses succès [Israël] différaient tant de ceux du royaume de Juda [Jérusalem / lignée davidique] qu’ils furent sciemment occultés par la condamnation sans nuance de la Bible, qui soutenait les prétentions hégémoniques de la dynastie davidique du Sud, en avilissant et en déformant tout ce qu’avait accompli la dynastie nordiste des Omrides.

En pages 267-268 [Omrides, Achab, Jézabel] : Cependant, le récit biblique est tellement truffé d’anachronismes et d’incohérences, si visiblement influencé par la théologie chère aux auteurs du VIIe siècle av. J.-C., qu’il tient davantage du roman historique que de la chronique précise et fiable. […] Fort heureusement – pour la première fois dans l’histoire d’Israël – nous possédons un certain nombre de sources historiques extérieures à la Bible, qui permettent de voir les Omrides sous une perspective différente : comme de puissants chefs militaires de l’un des États les plus forts du Proche-Orient.

Témoignages importants de la stèle de Mésha, découverte en 1868, et du « Monolith Inscription » d’Assyrie, découvert en 1840.

En page 271 : La dynastie des Omrides, apprenons-nous également, possédait une puissante armée.

En page 272 : Ainsi, trois inscriptions antiques (dont, comble d’ironie, les auteurs ne sont autres que les trois ennemis les plus féroces d’Israël) nous livrent une information complémentaire au récit biblique. […] (à une époque où le royaume de Juda est ignoré par l’inscription de Salmanasar)

En page 273 : L’archéologie prouve également que les qualités de bâtisseurs et d’administrateurs des Omrides dépassaient largement celles de tous les autres monarques qui aient jamais régné sur Israël et sur Juda. […] Pourtant, la Bible nous livre une description des plus succinctes du royaume des Omrides. […] Ces fouilles ont révélé davantage encore la splendeur des Omrides.

En page 283 : En effet, si Salomon n’était pas l’auteur des portes et des palais « salomoniques », qui les avait construits ? Les Omrides devinrent les candidats les plus évidents. Les premiers modèles architecturaux des palais exhumés à Megiddo (initialement attribués à Salomon) provenaient du nord de la Syrie – origine supposée de ce type de palais – et dataient du IXe siècle av. J.-C., un bon siècle après Salomon ! Or cette période était précisément celle des Omrides.

En page 285 : Il devenait de plus en plus évident, aussi bien du point de vue de l’architecture que de la céramique, que les Omrides – et non pas Salomon – étaient les auteurs des bâtiments en pierre de taille de Megiddo, ainsi que des enceintes royales de Jezréel et de Samarie. L’hypothèse que les Omrides, et non pas Salomon, avaient fondé la première monarchie pleinement constituée d’Israël sembla d’autant plus convaincante que l’on se mit à jeter un regard neuf sur les preuves accumulées dans les autres cités importantes du royaume d’Israël.

En page 288 : Du point de vue archéologique et historique, la nouvelle datation de ces cités dites « salomoniques » à la période des Omrides a des implications considérables. L’unique preuve archéologique qu’il y eût jamais une monarchie unifiée régnant à partir de Jérusalem s’envole en fumée ; cela sous-entend que politiquement, David et Salomon ne furent guère que des chefs de clan dont le pouvoir administratif local, s’étendait uniquement sur la région montagneuse qu’ils contrôlaient. Plus important encore, cela prouve qu’en dépit de l’insistance biblique sur le caractère unique d’Israël, le royaume qui émergera dans le Nord au début du IXe siècle av. J.-C. était d’un type tout à fait répandu dans le Proche-Orient de l’époque.

En page 295 : L’« israélité » du royaume du Nord fut, à bien des égards, une conception de la monarchie judéenne ultérieure. Une idée fixe obsédait l’auteur du livre des Rois ; il fallait à tout prix démontrer que les Omrides étaient des souverains malfaisants, frappés par un châtiment divin que leur comportement arrogant et coupable leur avait amplement mérité.

En page 296 : Plus le passé d’Israël avait été prospère, plus la Bible couvre ses rois de mépris et d’abjection. […] Omri et ses successeurs se sont attiré la haine de la Bible précisément en raison de leur force, précisément parce qu’ils étaient parvenus à transformer le royaume du Nord en un pouvoir régional d’envergure, qui faisait de l’ombre à ce pauvre royaume de Juda au sud, marginal et rural. De songer que des souverains israélites, qui avaient osé frayer avec les nations, épouser des étrangères et se construire des sanctuaires et des palais de style cananéen, étaient parvenus à la prospérité, était à la fois insupportable et impensable. En outre, du point de vue de la monarchie tardive judéenne, l’internationalisme et l’ouverture d’esprit des Omrides étaient gravement fautifs.

En pages 296-297 : Pourtant, aujourd’hui, les preuves archéologiques et les sources extérieures permettent de constater avec quelle habileté le portrait saisissant, qui a couvert Omri, Achab et Jézabel de mépris et de ridicule pendant des siècles, est parvenu à masquer le caractère authentique du premier et véritable royaume d’Israël.

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