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QUESTIONS CONTROVERSÉES SUR LA BIBLE : Partie 3 Ajouts

par panthère58, lundi 03 avril 2017, 09:24 (il y a 2628 jours) @ panthère58

:-) Questions controversées sur la Bible

Critique personnelle, objective et subjective : Partie 3 Ajouts


[image]

Éditions NOVALIS, 2016, 246 pages

L’endos du livre : Jésus était-il marié ? Est-il né d’une vierge ? La Bible est-elle misogyne, ou alors homophobe ? Est-ce que science et Écritures saintes s’opposent et se contredisent ? L’Église a-t-elle retiré des livres de la Bible ?

De jeunes biblistes qui n’ont pas froid aux yeux répondent à ces questions délicates, et à d’autres encore, avec un grand sens de la nuance. Dans une langue claire, accessible et parfois teintée d’humour, ils nous entraînent dans une aventure qui transforme notre regard sur des textes qui, souvent, veulent nous dire bien autre chose que ce que nous y entendons depuis toujours.

Serge Cazelais est chargé de cours à l’Université Saint-Paul. Historien des religions, il s’intéresse au christianisme ancien.

Francis Daoust est directeur de la SOCABI (Société catholique de la Bible). Ses recherches portent surtout sur les manuscrits de la mer Morte.

Sébastien Doane termine un doctorat à l’Université Laval. Il est l’auteur de plusieurs livres chez Novalis.

Anne Létourneau a complété un doctorat à l’UQAM. Ses recherches portent sur l’interprétation féministe de la Bible hébraïque.

Hervé Tremblay, o.p., enseigne l’Ancien Testament au Collège universitaire dominicain.


AUTRES LIENS :

1. Dossier Anton Parks :
http://www.orandia.com/forum/index.php?id=128348

2. Dossier VidéOrandia :
http://www.orandia.com/forum/index.php?id=129655

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. Mes commentaires subjectifs, mes spéculations factuelles, fantaisistes [en bleu]
(m’inspirant de Yann Vadnais dans le VOR161001)
. Des extraits [en or]
. Des ajouts, précisions, références, des ajouts [ ] pour contextualiser
. Mon résumé en [vert]
. Saut de texte dans l’extrait […]

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LES « QUESTIONS CONTROVERSÉES SUR LA BIBLE »

7. La Bible est-elle homophobe ? / Anne Létourneau

AJOUT # 1

Lien : Par Sébastien Doane http://www.interbible.org/interBible/decouverte/insolite/2011/insolite_111118.html

Extrait :


David et Jonathan : un couple gai dans la Bible?
(1 Samuel 19,1; 20,17 et 2 Samuel 1,26)

[image]

David et Jonathan
Rembrandt van Rijn, 1642
Huile sur toile, 417 x 500 cm
Musée de l'Ermitage, Saint-Petersbourg (Russie)

Saviez vous que certains lecteurs de la Bible voient en David et Jonathan un couple gai! Qu’en est-il? Cette histoire est rapportée dans les deux livres de Samuel. Il est à noter qu’elle se situe après le mariage de David et Mikal. Jonathan est le fils du roi Saül. Il entre en contact avec David après son combat avec le géant Goliath, une autre page insolite de la Bible. David est le plus jeune fils de Jessé. La Bible dit qu’il possédait « de beaux yeux et bonne apparence » (1 S 26,12). Encore jeune, il est amené à la cour et il est élevé auprès de Saül. Jonathan, le fils aîné de Saül, tombe sous le charme de David, dès leur première rencontre :
Or, dès que David eut fini de parler à Saül, Jonathan s’attacha à David et l’aima comme lui-même. Ce jour-là, Saül retint David et ne le laissa pas retourner chez son père. Alors, Jonathan fit alliance avec David, parce qu’il l’aimait comme lui-même. Jonathan se dépouilla du manteau qu’il portait et le donna à David, ainsi que ses habits, et jusqu’à son épée, son arc et son ceinturon. (1 S 18,1-4)

     La popularité de David finit par provoquer la colère et la jalousie de Saül qui essaiera de le tuer à plusieurs reprises. Mis au courant de l’une de ces tentatives, Jonathan avertit David et lui recommande de se cacher, parce que « Jonathan, fils de Saül, aimait beaucoup David. » (1 S 19,1) David est forcé de fuir devant Saül pour protéger sa vie. Un moment, lorsqu’ils se retrouvent seuls, David dit à Jonathan : « Ton père sait très bien que je suis en faveur auprès de toi. » (1 S 20,3) Alors, Jonathan lui dit : « Ce que tu désires, je le ferai pour toi. » (1 S 20,4) Ils développent ensemble un plan et « Jonathan fit encore prêter serment à David, dans son amitié pour lui, car il l’aimait comme lui-même. » (1 S 20,17)

     David accepte de se cacher jusqu’à ce que Jonathan puisse affronter son père et s’assurer que son ami pourra revenir au palais en toute sécurité. Au cours d’un repas, alors que Jonathan prenait le parti de David, Saül laissa éclater sa fureur : « Fils d’une dévoyée! Je sais bien que tu prends parti pour le fils de Jessé [David], à ta honte et à la honte du sexe de ta mère! » (1 S 20,30)

     Jonathan en est si peiné qu’il en perd l’appétit. Le lendemain, il va trouver David dans sa cachette pour lui faire part de la situation. Il est clair que Saül veut tuer David, il vaut mieux qu’il quitte la cour du roi.

     David se leva du côté du midi. Il se jeta face contre terre, et se prosterna trois fois. Puis ils s’embrassèrent et pleurèrent ensemble jusqu’à ce que David eût pris le dessus. Jonathan dit à David : « Va tranquille, puisque nous avons l’un et l’autre prêté ce serment au nom du Seigneur : que le Seigneur soit entre toi et moi, entre ta descendance et ma descendance, à jamais! » (1 S 20,41-42)

     David quitte donc la région, tandis que Jonathan rentre chez son père. Saül continue de pourchasser David, mais celui-ci lui échappe constamment. Finalement, Saül se tue pour échapper à la main des Philistins et ses trois fils sont aussi tués dans la même bataille à Guilboa. Quand il apprend la mort de Jonathan, David pleure et laisse monter une complainte : « Que de peine j’ai pour toi, Jonathan, mon frère! Je t’aimais tant! Ton amitié était pour moi une merveille plus belle que l’amour des femmes. » (2 S 1,26)

     Avec cette histoire, on peut comprendre comment elle peut inspirer les chrétiens homosexuels. Les livres de Samuel racontent bien que David et Jonathan s’aimaient, mais peut-on parler d’une relation homosexuelle? Regardons deux opinions contraires.

Pour le professeur suisse Thomas Römer, l’homosexualité de cour est attestée dans la Bible [1]. Elle correspond à un fait de civilisation dans les cours royales de l’époque. Il signale par exemple que, dans le récit de l’introduction de David à la cour de Saül, certaines expressions sont celles de l’introduction de la fiancée chez le mari. Il souligne aussi que, dans les pleurs de David sur la mort de Jonathan, le mot utilisé pour dire son amour est bien le même que celui qui est utilisé dans le Cantique des cantiques pour décrire la relation entre un amant et son amante. Römer repère dans le récit de la relation entre David et Jonathan des termes et des métaphores de l’érotisme.

     Pour le pasteur Innocent Himbaza [2], coauteur du livre Clarification sur l’homosexualité dans la Bible [3], donner un sens homosexuel au passage qui concerne David et Jonathan est faire violence au texte. Selon lui, rien ne permet de conclure à une relation érotique, pas même le fait que Jonathan embrasse David.

     Nous restons donc avec notre question et nous pouvons tout au plus conclure que le récit biblique présente simplement deux jeunes hommes qui s’aiment et partagent une cause commune.

     La question des relations homosexuelles reste encore taboue dans plusieurs milieux religieux. Quelques passages de la Bible condamnent l’homosexualité. Mais une interprétation littérale de ces textes s’avère impossible puisqu’ils recommandent de mettre à mort tous ceux qui pratiquent l’homosexualité [4]. Pour nous, lecteurs et lectrices de la Bible aujourd’hui, il faut nous demander comment comprendre la question et comment interpréter ces textes. Premièrement, notre interprétation doit prendre en compte les connaissances actuelles sur l’homosexualité. Elle n’est plus vue comme un désordre ou un choix, mais bien comme un état de fait, une donnée de la réalité psychosexuelle. Deuxièmement, notre interprétation doit aussi prendre en compte les principes d’amour et d’inclusion énoncés par Jésus, le Christ.

[1] Professeur d’Ancien Testament à Lausanne, en Suisse, coauteur de L’homosexualité dans le Proche-Orient ancien et la Bible, Genève, Labor et Fides, Essais bibliques 37, 2005.
[2] Innocent Himbaza, né au Rwanda, est pasteur et exégète de l’Église évangélique réformée en Suisse.
[3] Jean-Baptiste Edart, Innocent Himbaza et Adrian Schenker. Clarifications sur l’homosexualité dans la Bible, Paris, Le Cerf, 2007.
[4] Encore aujourd’hui, plus de 80 pays, situés principalement en Afrique et au Moyen-Orient, condamnent les homosexuels à des peines plus ou moins importantes, allant jusqu’à l’emprisonnement à perpétuité ou à la peine de mort.

[image]

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9. Né d’une vierge ? / Sébastien Doane

AJOUT # 2

À 0:47:51 :

Kiwan : Ils sont tous nés d’une mère vierge, pour la plupart.

Serge Cazelais : Non. Ben non.

Jean-François Poulin : Horus, par exemple, décrit-nous un peu Horus dans sa différence, justement.

Serge Cazelais : Horus est né d’Isis. Isis qui, bon, son époux Osiris a été démembré par son frère qui était Seth. Isis est partie à la recherche des diverses parties du corps. Et elle a retrouvé toutes les parties sauf le phallus. Elle s’est fait alors un phallus en argile, puis elle s’est pénétrée avec ce phallus-là. […] C’est ça qui est la différence entre l’histoire de Jésus et l’histoire des autres héros. Dans l’histoire des autres héros, il y a toujours une manifestation sexuelle explicite. Alors que dans l’histoire de Jésus, il n’y a pas de manifestation sexuelle explicite. […]

Jean-François Poulin : Mais, l’analogie que tu faisais avec Horus quand même, un pénis d’argile, ça l’air d’un truc assez artificiel, comme une insémination artificielle, si on veut, quasiment, et à la limite.

Serge Cazelais : C’est quelque chose de ce genre-là. C’est ça.

Kiwan : Gabriel qui est venu annoncer à Marie…

P(3)58 : Oups ! C’est totalement faux de parler de manifestation sexuelle explicite. Il s’agit plutôt d’une symbolique sexuelle pour évoquer une procréation artificielle, ce qui est tout-à-fait appropriée pour la compréhension du phénomène en fonction du contexte, de la culture, des croyances de l’époque de ceux qui le rapportent.

Personnellement, et ici c’est une opinion, une réflexion bien personnelle, quand on dit que l’ange Gabriel « visite » Marie, ça ressemble drôlement plus à une relation sexuelle explicite que la symbolique de l’éléphant ou du dildo en argile. Est-ce que le Jésus des Évangiles pourrait être un Néphilim né de l’union entre Marie et l’ange Gabriel ? La question se pose. Elle est légitime mais éludée, occultée. La présence en soi de l’ange Gabriel est de loin beaucoup plus près d’une véritable manifestation sexuelle explicite parce que l’on met en présence deux entités qui peuvent s’accoupler réellement.


À 0:50:54 :

Serge Cazelais : Tout ce récit d’annonciation qui est dans l’Évangile de Luc, en fait, c’est un écho au récit du paradis d’Adam et Ève. Parce qu’Adam et Ève, c’est la même chose. Ève est née et il n’y a pas eu de relation sexuelle. Dieu a jeté un sommeil sur Adam et il a sorti Ève, qui signifie la vie, Hawwa(h), c’est le mot vie. Alors, dans Luc, c’est la même chose. L’esprit qui vient couvrir Marie de son ombre aussi, c’est la même chose. C’est juste avant le récit du paradis, l’esprit qui plane au-dessus des eaux. C’est pour signifier une nouvelle création. C’est ça que le récit de Luc nous raconte. Il n’y a pas d’allusion sexuelle. Comme dans le récit d’Adam et Ève, il n’y a pas d’allusion sexuelle. Ce que le récit raconte, dans Luc, c’est une nouvelle création. C’est ça que les autres auteurs bibliques comme Paul vont dire ensuite. Dans l’Évangile de Jean aussi, c’est très très explicite. Le Christ est présenté comme étant un nouvel Adam. Il représente une nouvelle lignée spirituelle, non plus un Adam physique, mais un Adam spirituel. C’est ça que le récit de Luc veut signifier.

P(3)58 : On doit juger les textes bibliques avec le même œil critique que l’on juge les autres récits d’héros antiques. Ainsi, quant à moi, un esprit qui plane et qui vient « couvrir » de son ombre Marie, je trouve ça encore plus explicite sexuellement ! Surtout quand un « ange » est dans les parages… Si on lisait un poème ainsi écrit dans une soirée où le thème de la sexualité serait à l’honneur, tout le monde en saisirait le sens d'une manifestation sexuelle explicite ! C’est implicite à défaut d’être écrit de façon explicite. Alors, si c’est ça l’argument qui différencie les « héros », je dirais que c’est un argumentaire qui ne tient qu’à un fil, mais pour rester dans le thème, je dirai plutôt qu’il ne tient qu’à un hymen… ! Quand un gars tombe amoureux d’une personne, ce qui implique du désir sexuel pour celle-ci, je vous garantis que son esprit plane sur cette personne. Autrement dit, ses pensées sont dirigées vers elle. Alors ici, je trouve qu’on se sert du récit de la Création pour tenter de camoufler cette allusion et manifestation sexuelles du récit de l’annonciation. Et quand on dit que « Dieu a jeté un sommeil sur Adam », Dieu fait-il usage de GHB… ?! À moins que ce soit une mauvaise traduction en français, les récits bibliques sont tellement incohérents et invraisemblables, que les interprétations qu’on en fait sont dignes des contorsionnistes du Cirque du Soleil !



À 3:41 du vidéorandia du 31 mars 2012 : Henoch et les anges déchus

Kiwan : Alors on s’est aperçu que Enoch a été prévenu. Qu’à cause de l’intervention de certains anges, c’est la raison pourquoi vous voyez des anges en premier plan [dans le vidéo], qui sont venus sur Terre parce qu’ils ont trouvé les filles des hommes très, très belles, trop aguichantes, et les ont… ils les ont « visitées » ! C’est l’expression qu’on utilise dans la Bible. Après avoir rencontré les femmes des hommes, les trouvèrent belles, ils ont eu plusieurs enfants avec eux, avec elles plutôt, et ç’a donné des géants. Et ç’a été une race les Néphilim, les Anakim, qui sont devenus géants, et puis ceux-là ont dominé sur la Terre très, très longtemps.

Lien : http://www.cerbafaso.org/textes/bioethique/bible_de_jerusalem.pdf
Extrait : Luc 1, 26 Le sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, du nom de Nazareth,

Luc 1, 27 à une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David; et le nom de la vierge était Marie.


Lien : http://la-bible.info/2012/12/10/un-ange-visite-marie/
Extrait : Dieu envoya l’ange Gabriel pour visiter Marie
Luc 1:26-38

Donc, on aurait un ange qui "visite" Marie... et elle tombe enceinte !

Et ce vidéo qui s'amalgame très bien avec la question sur l'homophobie de la Bible et celle sur la virginité incluant l'ange Gabriel.

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L'ALERTE LAMBERT à Panthère
http://www.orandia.com/forum/index.php?id=206908

P(3)58

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